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L’été, l’autre saison difficile des sans-abris

Si l’hiver concentre toute l’attention médiatique et politique au sujet du sans-abrisme, l’été se révèle tout aussi dangereux pour les personnes vivant à la rue. Une période où la chaleur menace les métabolismes de déshydratation et d’hyperthermie.

 

Comme l’hiver, l’été est une période extrêmement difficile à vivre pour les personnes sans-abris, qui manquent alors cruellement d’assistance. Confrontées à la fermeture de nombreuses associations et l’absence de bénévoles, elles doivent lutter par leurs propres moyens contre la chaleur, parfois caniculaire, qui menacent leur métabolisme de déshydratation et d’hyperthermie. Élina Dumont, ancienne sans-abri devenue comédienne, et aujourd’hui missionnée par la région Île-de-France dans la lutte contre la précarité, nous donne quelques conseils.

Déshydratation et d’hyperthermie

« Il y a autant de morts l’été que l’hiver dans la rue. » Avec la fermeture de nombreuses associations et des bains-douches en été, impossible pour les personnes sans-abris de se rafraîchir ou de se réfugier dans une pièce climatisée lorsque la chaleur inonde les rues des centre-ville. Constamment recouverts de leurs vêtements, réflexe inconscient d’auto-protection inoculé par la rue, les personnes sans-abris risquent à cette période une importante augmentation de leur chaleur corporelle.

 

Appelée hyperthermie, cette élévation de la température accentuée par le manque d’eau, la privation de sommeil, ou encore la consommation d’alcool, peut découler sur une perte de connaissance, allant jusqu’au coma dans les cas les plus graves. Avec la macération, la chaleur peut également faciliter l’infection de plaies et aggraver les maladies de peau dont souffrent souvent les personnes sans-abris.

 

Pour parer à ces dangers, Élina Dumont invite les citoyennes et citoyens à offrir des bombes rafraîchissantes aux personnes de la rue : « Ça leur permet de s’humidifier régulièrement, sans avoir à se déplacer dans toute la ville pour trouver une fontaine ». Les bouteilles d’eau restent évidemment le meilleur moyen de combattre les risques d’insolations. « Il ne faut pas hésiter à offrir une bouteille même si les sans-abris n’en veulent pas sur le moment. Ils finissent toujours par la boire. »

Les bénévoles et assistants sociaux en vacances

Période préférée de la population française pour partir en vacances, l’été sonne de fait la fermeture d’un grand nombre de structures privées, y compris dans les domaines social et associatif. « Quoi qu’en dise la ministre du logement, qui promettait zéro remise à la rue cet été, je reçois déjà des courriers de gens expulsés de leur centres d’hébergement d’urgence. Ceux-là réduisent leur capacité d’accueil par manque de personnel », affirme Élina Dumont.

 

Même tendance dans le secteur de la santé, où les centres médicaux accessibles aux personnes sans-abris ne disposant pas de la CMU (complémentaire santé solidaire) ferment leurs portes en été. Conséquence : « des ruptures dans les suivis et les traitements médicaux qui peuvent provoquer des soucis de santé importants . Du côté associatif, les volontaires manquent également à l’appel. Désertées de leurs bénévoles, certaines structures ne sont plus à même d’assurer les maraudes, les distributions alimentaires et de produits hygiéniques. « Plus encore que pendant l’hiver, c’est à cette période que les sans-abris ont le plus besoin de l’aide des citoyennes et citoyens », explique Élina Dumont.

Aider, mais comment ?

Été et hiver, la mairie de Paris édite quelque 150.000 exemplaires du Guide de la Solidarité pour répondre aux difficultés que les personnes en grande précarité ou sans domicile fixe rencontrent dans leur vie quotidienne. Disponible gratuitement dans les mairies d’arrondissements, les associations et institutions spécialisées, le guide permet à chacun de s’informer sur ses droits, de savoir où trouver le service adéquat, de bénéficier des dispositifs d’aide alimentaire ou d’hébergement, de mieux connaître les possibilités d’accès aux soins ou encore les solutions de réinsertions sociale et professionnelle.

 

Mais pour Élina Dumont, il faut aller plus encore plus loin dans la diffusion pour générer de impact : « Au même titre qu’on distribuait les pages jaunes chez les particuliers, il faut envoyer ces guides à la population pour les informer dans solutions qui existent. Beaucoup de gens veulent aider, mais ils ne savent pas comment le faire. »

    Edgar Sabatier

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