NOUS SUIVRE SUR_

PARTAGER SUR_

Claudiu, mort à onze ans dans un bidonville

Claudiu, un enfant de onze ans est mort d’une overdose dans un bidonville à Villeurbanne. Pour restaurer sa mémoire et éviter que l’histoire se répète, la Fondation Abbé-Pierre a rapporté son histoire, à l’aide d’associations présentes sur le terrain.

 

Il avait 11 ans. Claudiu est mort dans un bidonville le 5 juin à Villeurbanne, en périphérie de Lyon, rapporte la Fondation Abbé-Pierre dans un communiqué publié le 10 juin. Alertée à ce sujet par une association le 7 juin, la fondation a pu, grâce au travail d’autres structures sur place, raconter l’histoire de ce petit garçon, retrouvé sans vie, à la suite d’une overdose.

 

Avant Villeurbanne, Claudiu a passé les premières années de son enfance dans un autre bidonville, à Lyon. Avec sa famille, ses parents, ses trois frères et sœur, il est pris en charge dans un village d’insertion dans la région. Mais cet hébergement prend fin en septembre 2020, pour des raisons qui demeurent encore inconnues, explique Véronique Gilet, directrice régionale de l’agence Auvergne-Rhône-Alpes de la Fondation Abbé-Pierre, avant de préciser. « Le jour où la famille a été expulsée, une information préoccupante a été transmise aux services sociaux ». Mais différents aléas n’ont pas permis une véritable intervention.

 

La famille est conduite à se loger dans le bidonville du Transbordeur, à Villeurbanne. En coulisses, travailleurs sociaux et associations se mobilisent pour sensibiliser les pouvoirs publics sur leur situation. En mars 2020, un juge a finalement statué sur le placement des enfants. « La brigade des mineurs devait prendre le relais mais, pour des raisons que l’on ignore, elle n’a pas pu intervenir », rapporte encore Véronique Gilet. C’est là que le petit Claudiu est retrouvé mort.

Briser le silence

La Fondation Abbé-Pierre s’est emparée de cette histoire pour des raisons de commémoration, et éviter que l’histoire se reproduise. « Quand on a été interpellés par des associations, très vite, on a trouvé qu’un silence s’était installé, ce qui n’est pas anodin quand on parle de la mort d’un enfant de onze ans, sur un bidonville », explique la directrice régionale de la fondation. « On ne cherche pas des responsables, parce que beaucoup de travail a été fait malgré tout. Mais il y a quelque chose qui n’est pas allé au bout et pour la Fondation Abbé-Pierre, il est important de restituer la mémoire de cet enfant, déjà un peu oublié, et de se dire comment, localement, on fait pour que cela n’arrive plus. »

 

D’autant plus que selon les associations de terrain, qui préfèrent garder l’anonymat, les trois autres enfants de la fratrie demeurent introuvables, peut-on lire dans le communiqué de la Fondation Abbé-Pierre. « La situation a peut-être évoluée mais depuis l’écriture de l’article, je n’ai pas eu de nouvelles des associations ni des services de la ville. C’est ça qui est complètement fou aussi. »

    Nathalie Hoang

PARTAGER SUR_


Je donne mon avis

EN Découvrir plus
Les dernières vidéos