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À Paris, la mobilisation pour les exilés se poursuit

Le collectif Réquisitions et les 250 hommes exilés sans-abris poursuivent l’occupation du Jardin Villemin, dans le 9ème arrondissement de Paris, où ils sont installés depuis dimanche 30 mai et militent pour le droit au logement. L’installation des tentes, arrivées mardi 1er juin, marque un nouveau cap dans la contestation.

 

Le bras de fer s’intensifie. Faute de trouver un accord avec la Mairie du 10ème arrondissement de Paris et la Préfecture, le collectif Réquisitions a décidé, le mardi 1er juin, d’acheminer quelque 200 tentes au Jardin Villemin, où 250 hommes exilés sont toujours en attente d’une mise à l’abri. Les associations présentes sur place réclament des hébergements décents pour ceux qui n’ont pas été pris en charge à République dans la soirée du dimanche 30 mai, à l’issue de la manifestation pour le droit au logement, veille de la fin de la trêve hivernale. « Sur les 1200 personnes exilées présentes dans le cortège, 800 hommes sont restés sur le carreau », déplore San, bénévole chez Solidarité migrants Wilson. Un résultat qui confine au « scandale », selon Yann Manzi, fondateur d’Utopia 56 : « Il y a 3,1 millions de logements inoccupés en France, ne me dites pas que l’État est incapable de traiter ce problème ! »

 

Les tentes, l’affront de trop ?

 

Retranché dans ce parc public du 10ème arrondissement, le collectif a entamé mardi soir sa troisième nuit d’occupation. En franchissant cette fois un cap dans la contestation : l’installation durable des tentes. « Elles ne bougeront pas tant qu’une solution ne sera pas trouvée », promet Yann Manzi avant de préciser : « On laisse la moitié du terrain aux riverains qui vont pouvoir continuer de venir se faire bronzer et boire l’apéro. Jusqu’ici la cohabitation s’est très bien passée ! » Propriété de la ville, le Jardin Villemin n’a pas été choisi au hasard. Sans l’aval de la mairie, qui ne se risque toujours pas à prendre de décision, la préfecture de police ne peut engager une procédure d’évacuation à l’encontre des manifestants. Du moins, en théorie. « On se prépare à toutes éventualités. Le préfet Lallemand a déjà prouvé par le passé qu’il savait s’affranchir de la loi », rigole Yann Manzi.

 

Venu apporter son soutien aux manifestants, Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Écologie Les Verts, a qualifié la situation de « honteuse » et juge « irresponsables » les méthodes du gouvernement. « Croire que c’est en traitant mal les personnes exilées que nous allons tarir les flux est une vision dogmatique qui produit des désastres en Méditerranée, et ici. » Depuis dimanche, bénévoles et citoyens engagés se relaient nuits et jours pour régir le camp, veiller au respect des consignes sanitaires, organiser les distributions alimentaires et le ramassage des déchets. « Plusieurs associations nous ont dores et déjà proposé de livrer les repas des deux prochains jours », se félicite Lolita, bénévoles chez Solidarité migrants Wilson. La lutte est bel et bien partie pour durer, quoi qu’il en coûte.

    Edgar Sabatier

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