Mon chez moi sur le trottoir

Saison 1 | L’intimité dans la rue | Septembre 2016

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Jean-Claude, mon chez moi sur le trottoir

Avec une enfance digne des Misérables, dix ans de cabane et trente ans de rue, Jean-Claude n’a jamais pu jouir d’une véritable intimité. Bains-douches, toilettes publiques et amour en pleine rue, le grand-père du quartier Jaurès (XIXème arrondissement) à Paris a dû, comme beaucoup d’autres, s’adapter. Mais même sur le trottoir, on a besoin d’un coin à soi. Jean-Claude lui, n’a jamais bougé du sien et l’a même aménagé. Il est aujourd’hui une figure du quartier. Les riverains, il les a connus tout-petits et les a vus grandir. Et pour la majorité d’entre eux, Jean-Claude est ici chez lui.

Leur chez eux, c’est le trottoir

Besoin de pisser ? Imaginez devoir payer une bière à chaque envie pressante. Envie de s’envoyer en l’air ? Vous avez le choix entre le bitume et la tente sur le boulevard.C’est le retour des règles ? Il va falloir trouver du PQ ou des mouchoirs pour éviter au maximum les fuites. Une bonne douche ? Il vous reste les fontaines publiques.Un petit somme ? Si vous êtes un homme, vous ne retrouverez pas votre sac demain matin. Et si vous êtes une femme, mieux vaut ne pas dormir du tout, vous avez plus d’une chance sur trois de vous faire violer…

Rester propre, même sur le bitume

D’un côté il y a Denis. De l’autre, Pierrot. Deux tempéraments drôles et généreux. Il y a encore deux ans, jamais ces hommes ne se seraient retrouvés accolés dans un article de presse. Mais aujourd’hui, tous deux vivent dans la rue, à Paris. Pierrot sur un matelas face au Carrefour Market des Maraîchers (20ème), Denis sur un bout de pelouse des jardins de la place d’Italie (13ème). Malgré leur situation, les deux hommes cherchent le moyen de rester digne. Et la dignité, ça passe aussi par le fait de pouvoir se laver, se sentir propre. Etre bien dans son corps pour être bien dans ses pompes.

On sent mauvais pour sauver sa peau

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Combien de sans-abri en France ?

Combien de sans-abri en France ? Un nombre dramatique !

Quelles seraient vos solutions ?

Cette étude a été réalisée en 2012 par l’Insee auprès des utilisateurs des services d’hébergement et de distribution de repas.

Menée tous les 5 ans, elle sert de référence pour toute publication. Elle considère comme sans-domicile toute personne ayant passé la nuit précédant l’enquête dans un lieu non prévu pour l’habitation. Cette étude donne donc seulement un ordre de grandeur de la totalité des sans abri en France.

*Les pourcentages concernent les 66 300 adultes francophones sans-domicile.
* Hébergement de jour : structure de plus long séjour mettant à la disposition des sans-abri différents équipements (douche, cafétéria, consigne pour poser son sac…)

La rue et l’intimité

Comment se laver, faire l’amour ou se reposer quand on est dehors ? Qu’est-ce qui manque le plus quand on vit sur le bitume ? Denis, Sara, Rudy, Philippe, Évelyne, Pierrot et Mamadou vous expliquent tout.

Quelles sont vos idées pour améliorer le quotidien des Sans A ?

Le Carillon, le réseau solidaire qui réveille Paris

Le Carillon favorise la mise en relation des commerçants, des particuliers et des sans-abri d’un même quartier. Son objectif : permettre aux personnes de la rue d’accéder à un ensemble de services gratuits et solidaires. Présent dans le 11ème arrondissement de Paris, le Carillon compte s’étendre rapidement à l’ensemble de la capitale.

Un accès à des toilettes propres, une trousse à pharmacie, une coupe de cheveux gratuite, un café… Le Carillon est un réseau solidaire de commerçants et de particuliers prêts à rendre service aux personnes de la rue. « Lorsqu’on voit un sans-abri, on ne sait pas toujours comment réagir. Certes, on lui donne parfois une pièce mais la relation s’arrête là. On continue son chemin et lui également. L’échange ne va pas plus loin », explique Louis-Xavier Lecat, fondateur de l’association.

Les conseils de Jean-Claude

Comment mieux agir avec les personnes sans-abri ? Jean-Claude vous donne un conseil.

« Il y a une dame qui m’amène souvent des courgettes farcies. Moi, j’aime pas ça et je finis par les donner au chien. C’est un peu con. Je préférerais qu’on me demande ce dont j’ai besoin, je peux leur dire, moi. »

« Ce qui me gonfle c’est les gens qui s’arrêtent et te regardent comme une bête de foire. Quand ils me regardent comme ça, je leur dis : « prenez des photos tant que vous y êtes, pour les mettre sur votre frigo ou dans votre chambre comme ça vous me verrez tous les jours. » Et après ils partent. J’préfère qu’on me parle ou qu’on ne me regarde pas tout court. »

« J’aime bien que les gens viennent me voir. Mais des fois, c’est emmerdant. Y en a, c’est pas des cadeaux. Ils te disent tous les jours la même chose et moi je peux pas me barrer, je suis là. J’ai pas toujours envie de parler. »

Les Blanquet, un bateau qui a tenu le coup

Ils n’ont pas toujours navigué en pèr’ peinards. Avant de retrouver un logement et une intimité de couple, Jean-Paul et Annie ont vécu plusieurs mois sur le bitume parisien. Et dans la rue, pas évident de s’aimer toutes voiles dehors.

Femme à la rue, couteau à la main

Elles sont jeunes, elles sont âgées. Elles sont fortes mais fatiguées. Elles sont femmes et vivent dehors. On est allés demander à Koro, Laura, Pauline, Natacha et Annie ce que signifiait, pour elles, l’intimité dans la rue. Elles sont unanimes : dehors, pour les femmes, c’est le “mode survie” permanent. Tendez l’oreille.

Mobil’Douche, de la rue à la salle de bains

Une douche mobile au service des personnes de la rue. Un moment de détente dans des véhicules spécialement pensés et conçus pour le bien-être de ses utilisateurs. Mobil’douche est une association itinérante qui permet aux sans-abri de se laver, en toute intimité.

« C’est amusant car il y avait une femme qui fuyait chaque fois qu’elle nous voyait. Elle nous expliquait craindre et ne pas savoir ce que nous faisions vraiment aux femmes dans ce camion. Et aujourd’hui, elle tient pour la plus active de nos ambassadrices. »

C’est Amoro qui a apporté Rocky II à Jean-Claude.

« Quand ma chienne a eu sa portée, j’ai pensé à lui direct, je me suis dit que psychologiquement il se sentirait moins seul. Une bête, c’est une protection aussi.
Y a des gens qui essaient de le voler donc c’est comme une alarme. »

La belle idée du Vendredi

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Des tampons pour les femmes à la rue

Avoir ses règles quand on vit dehors, c’est une galère : « Je vais dans les toilettes de la gare de Lyon et je me sers du papier toilette pour me faire une serviette. », raconte Koro.
Pour les femmes à la rue, l’association Règles élémentaires se mobilise par la collecte de tampons et de serviettes.

Dans la rue, il faut savoir protéger le peu que l’on a et Jean-Claude ne compte pas se laisser voler. « J’ai mon couteau et s’il est pas content, y a encore le hachoir ! » Comme pour montrer qu’il ne plaisante pas, il plonge alors sa main derrière le lit et en sort une lame de cinquante centimètres. Des fumeurs de crack aux réfugiés installés sous le métro aérien, la misère prend différentes formes dans le quartier. Personne ne se fait de cadeau. « Y a pas longtemps on m’a piqué mon portable, c’est le type qui tient la boutique de cigarettes électroniques en face qui me l’avait acheté. »

Nos petites maisons

Rudy, Evelyne, Sikouna, Alexandre et Vanessa vivent tous dans la rue. Ils se sont construit un chez-eux pour se sentir mieux. Ils nous font visiter leurs petites « maisons ». Visites guidées avec leurs voix et photographies. Des moments touchants et porteurs d’espoir.

La rue, le secret d’Olivier

Il y a quelques années, Olivier a divorcé. Accident de parcours, ça arrive. Sac sur le dos et duvet sous le bras, il devient sans-abri. Et après ? Il ne sait pas. Olivier ne dira rien à sa famille, rien à ses amis. Pendant six mois, alors qu’il travaille le jour, il passe ses nuits dans la rue. Seul, avec son secret, et sa fierté.

La bonne nouvelle !

C’est génial, Jean-Claude a eu sa canne à pêche ! Le pari de Sans A_ est tenu : Nous avons réussi à parler de problématiques complexes et encourager à l’action ! Nous sommes fiers et heureux de savoir que vous nous suivez et que vous appréciez nos contenus et réalisations !

Vos réactions

J’ai été très touchée par ce que j’ai pu voir et lire sur votre page. La semaine dernière une jeune femme sans abri m’a accostée, pour une fois je me suis arrêtée, nous avons échangé. Ca

Megz Savary

Message Facebook

« Je pensais avoir fait un don à Jean-Claude en lui envoyant cette canne. Mais après avoir vu son sourire, je crois que c’est plutôt lui qui m’a donné quelque chose aujourd’hui. »

Benoît de Gironde

qui a offert la canne à pêche à JC

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L’équipe

CAMILLE CARLIER

Journaliste

ANTOINE VERGELY

Journaliste

LÉA GIROUD

Journaliste

XAVIER DE TORRES

Photographe

LOU BOSSARD

Illustratrice

MAILAN TRAND-BERNAUD

Illustratrice

LOUISE AUDIBERT

Journaliste