MARCHE OU CRÈVE

PAR KATIA, ILLUSTRATION DE MANON BABA

LE 16 OCTOBRE 2017

Katia vous révèle ses questions et ses réponses. Un slam fougueux qui tombe et se relève.

Grande marcheuse, coureuse, nerveuse. Dans ce territoire qu’est l’Île-de-France la problématique est la même. Suis-je bien suivie ? Par le psy, par qui ? Ce territoire d’Île-de-France, cette perte de repère, cette perte de temps à appeler à l’aide. On me laisse me débrouiller, on me laisse me ramasser encore et encore. Je suis responsable de tout, je ne renie pas du tout. Je suis enfin portée. Dois-je me demander si j’ai la santé ?

Je la vois une fois par mois, ma psy. Elle sait mieux que moi qui je suis. Je ne le pense pas. Elle a seulement vu qu’hospitalisée je m’accrochais à l’époque. Mutique, en grande mélancolie, parfois une parole cynique, rachitique. Marche ou crève. Je déambule dans les couloirs presque morte, ce que je croyais. Hallucinations auditives, visuelles, la totale. Tous ces mois  -7- Marche ou crève. J’en sors. Où ai-je été propulsée ? Chez lui, l’autre taré. Mon ex-mari qui ne cesse de rechuter, me fait flipper.  Sauve qui peut, de structure médicale en foyer non amical… Me voilà pauvre dans un logement à aménager. Marche ou crève. De la démerde à l’aide. Merci ma famille, kabyles, battants. Cela se fera au fur et à mesure. Une année est passée… Un pétage de plomb entre temps. Je n’en demandais pas tant. Demander est difficile, accepter l’aide, un supplice… Je n‘en demandais pas tant. J’ai juste à dire merci à ma famille, au Clubhouse et à mes amis. Et maintenant à moi de jouer pour trouver la paix. Ni forcément seule, ni mal accompagnée.